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Non à l’impérialisme ! Solidarité avec le peuple du Venezuela !

Depuis la fin de l’année 2025, le Venezuela subit de nombreuses agressions impérialistes de la part de son voisin états-unien : la mer des Caraïbes s’est peu à peu remplie de navires de guerre patrouillant dans le seul but d’asphyxier ce pays. Une centaine de pêcheurs et de migrants sont décédés suite à des frappes de cette flotte, au nom, soit disant d’une opération "contre le commerce de la drogue aux États-Unis". En janvier 2026, la situation s’est accélérée : bombardement de la capitale Caracas, enlèvement du chef de l’État Nicolas Maduro puis mise sous tutelle du pays.

La CGT condamne cette agression impérialiste et illégale des États-Unis contre le Venezuela. Nous nous sommes mobilisés le 10 janvier à Paris dans ce sens.

Le meeting du 10 février à Saint-Denis nous a permis d’en apprendre plus sur la situation. Des intervenants ont tour à tour pris la parole : des syndicalistes et militantes écologistes et féministes vénézuéliennes, des syndicalistes états-uniens, des chercheurs français (la chercheuse franco-vénézuélienne Yoletty Bracho notamment).

Cette soirée a permis d’éclaircir cette situation complexe sur deux points principaux : quelles étaient les conditions de vie sous le régime de Maduro et en quoi l’agression des États-Unis les a empirés.

Les syndicalistes et militants locaux ont pu partager l’évolution de la révolution sociale commencé sous le président Hugo Chavez à la fin des années 1990. En effet, après de grandes conquêtes sociales (programme de logements sociaux, plan d’éducation et de lutte contre la malnutrition) financées en grande partie par la nationalisation, quasi-complète des ressources pétrolières de son sol, le pays fait face aujourd’hui à d’énormes difficultés. L’économie peu diversifiée, la perte de la valeur du pétrole et les sanctions économiques imposées par les Etats-Unis ont fait explosés l’inflation du pays.

Face à cette crise, le successeur de Chavez, Nicolas Maduro a mis en place depuis 2018 des réformes libérales qui ont considérablement dégradé les conditions sociales du pays. Ainsi, sur la côte, des Zones Économiques Spéciales ont été institués, copiant ainsi le modèle chinois : les travailleurs de ces zones voient le code du travail considérablement réduit au point que les "oublis" de versement de salaires par les patrons deviennent nombreux. Maduro a aussi mis en place un système de plus en plus autoritaire organisé autour de son parti le PSUV. Autrefois outil de lutte pour tous les travailleurs, il est aujourd’hui organisé par un système de tribut et de corruption. Les valeurs progressistes deviennent alors des discours de façade.

Cependant, les invités ont vite rappelé que tout cela vient d’un interventionnisme croissant des Etats-uniens qui depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez désorganisent le pays : coup d’état raté en 2002, sanction contre les hommes politiques du PSUV sous Obama, sanction économique empêchant au Venezuela l’accès à ses réserves de monnaies en 2016 s’additionnant à un nouveau coup d’Etat raté. Finalement, le blocus sur la mer des Caraïbes ainsi que l’enlèvement du couple présidentiel et les bombardements de Caracas ne sont que l’accélération d’un processus guerrier que les différents gouvernements états-uniens ont mis en place.

Les raisons de ces agressions sont nombreuses : le gouvernement vénézuelien défend une organisation du monde opposé à l’hégémonie états-unienne. Il a donc cherché des partenariats avec des pays comme la Chine, l’Iran et la Russie. Cela n’a pas plu à Washington qui voyait d’un mauvais œil la présence de ses adversaires proclamés sur "son continent". De plus, en nationalisant les ressources, le Venezuela a privé l’accès des marchés américains à celles-ci. En effet, avant la victoire de Chavez, les patrons états-uniens profitaient de traité plus que favorable pour exploiter les ressources et les travailleurs vénézueliens.

Que devient le Venezuela depuis l’intervention illégale ? Le PSUV est maintenu au pouvoir avec une politique de collaboration avec le gouvernement Trump. Ce dernier qui clamait à haute voix avec ses alliés occidentaux (y compris la France) qu’il allait libérer le pays se satisfait finalement de ce régime autoritaire qui lui fournit des millions de tonnes de pétrole à un prix rédhibitoire (120 millions de tonnes en un mois) et qui maintient sa population sous contrôle. Les quelques lois d’amnistie de prisonniers politiques sont purement symboliques : selon l’intervenante chercheuse Yoletty Bracho, ces prisonniers sont certes libérés de prison,mais ils ne peuvent pas jouir pendant la durée d’un an des droits politiques tel que le droit de vote.

La C.G.T invite donc ses adhérents à soutenir les travailleurs et travailleuses du Venezuela qui subissent une agression et une exploitation qui rappelle les heures terribles de l’impérialisme états-unien sur le continent lors de la guerre froide. Toute notre solidarité se dirige vers eux, pour qu’ils puissent eux-mêmes choisir leur propre avenir sans qu’un pays ou un régime leurs donnent d’ordre.

Retrouvez ici les différents organisations et personnes qui étaient présentes.

Article publié le 22 juin 2026.


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