vous êtes ici : accueil > Infos DGFIP > Infos DDFIP 93 > Expression de la section

Vos outils
  • Diminuer la taille du texte
  • Agmenter la taille du texte
  • Envoyer le lien à un ami
  • Imprimer le texte

Editorial MN 24

Chers frères et sœurs assurés sociaux, allumons un cierge pour nos vieux jours. C’est désormais à un « conclave » de déterminer le sort de nos retraites. Une fantaisie sémantique, incongrue en République ? A l’heure où le Premier Ministre ne voile pas sa filiation démocrate-chrétienne ni son admiration pour Henri IV, plus rien n’est impossible. Après tout, désormais, l’État de droit devient un dispositif optionnel pour le ministre chargé de la police, les Etats-Unis deviennent trop impérialistes pour les pays de l’OTAN, François Hollande redevient un homme d’État crédible. Alors, le dialogue social en mode Sacré Collège, ça devient presque un peu fade, comme idée…

Et l’administration des finances publiques, serait-elle, aussi, soluble dans la doctrine sociale de l’Église ? Voyons s’il ne faut pas voir dans nos services des brebis égarées qui cheminent vers la vraie foi, sous la conduite du bon pasteur du Béarn, Monseigneur Bayrou.

Concernant nos droits sociaux, la charité n’est pas bien ordonnée. Après une genèse difficile, la nouvelle loi de finances (habemus budgetam…) conduit l’État patron à réduire à 90 % l’indemnisation des arrêts maladie de ses ouailles. Plus de Garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA) non plus. Et, à part une taxe exceptionnelle famélique, aucun effort réel demandé aux ultra-riches. Mauvais point pour le partage.

De même, « croissez et multipliez-vous », cela ne vaut pas pour les fonctionnaires : la preuve, on supprime 26 postes chez nous, dans le 93. Si même les injonctions antédiluviennes du Très-Haut tombent à l’eau…

En revanche, côté repentir et mortification, le compte y est : finie la luxure, la débauche de droits sociaux. Sortez les robes de bure, l’heure est à une salutaire austérité. Nous expierons nos dépenses sociales sur l’autel des crédits militaires. Après le sabre et le goupillon, voici le temps du Rafale et du tableur Excel. Faites pénitence !

Plus amusant, le gouvernement multiplie les miracles. Ses alliés du Sénat provoquent une subite baisse de seuils de TVA. Prodige ! Nul ne s’y attendait. Les petits indépendants s’insurgent. Soudain, sitôt la mesure promulguée, elle disparaît, suspendue par Son intercession. Nouveau prodige ! Pour laver la réputation de l’administration fiscale, après le sévère rapport de la Cour des comptes sur le désastre GMBI, c’est encore mieux que l’eau bénite.

On note aussi le sort fait aux inspecteurs. Désormais, les mut’ locales se font au choix : jetés au fil de l’eau, les mouvements locaux, comme un couffin sur le Nil. Manque tout de même un peu d’amour du prochain, vu le sort fait aux publics reçus dans nos CFP…

Blague à part, plutôt que de ressusciter les mânes de l’Ancien Régime, on pourrait attendre d’une République démocratique et sociale un service public laïc efficace, respectueux des agents et usagers, un travail qui paie, de bonnes retraites pour tous. Pour cela, inutile d’attendre la fumée blanche du « conclave » : à nous de le gagner !

Article publié le 20 mars 2025.


Politique de confidentialité. Site réalisé en interne et propulsé par SPIP.