vous êtes ici : accueil > Infos DGFIP > Infos DDFIP 93 > Expression de la section
Les huissiers des finances publiques de la Seine-Saint-Denis font face à des défis alarmants en matière de sécurité. En effet, ils exercent leurs missions dans un contexte où ils sont souvent seuls, avec seulement huit huissiers actuellement sur le terrain. Ils n’ont pas été équipés de téléphones sécurisés, ce qui crée un profond sentiment d’abandon et d’inaction.
Les enjeux de sécurité vont bien au-delà de l’équipement. En tant que convoyeurs de fonds, les huissiers sont amenés à manipuler des sommes importantes, que ce soit lors de leurs missions ou durant des gardes à vue. Or, les engagements pris par la Direction Départementale des Finances Publiques (DDFIP) n’ont pas été respectés. Par exemple, la Banque Postale ne leur accorde pas l’accueil privilégié promis, rendant leur travail beaucoup plus complexe.
Les horaires des bureaux de poste posent également un problème majeur. Les huissiers, qui récupèrent des fonds l’après-midi, se trouvent dans l’impossibilité de les déposer, les guichets fermant trop tôt. Cela les contraint à refuser des demandes de saisie l’après-midi, les obligeant parfois à conserver chez eux des montants élevés parfois supérieurs à 10 000 euros, ce qui représente un risque considérable. La direction semble indifférente à cette réalité, témoignant d’un mépris flagrant pour leur sécurité.
Concernant les saisies-ventes, bien que leur nombre ait diminué, les délais de restitution demeurent très longs. Les nouvelles missions, comme les assignations en liquidation judiciaire et les saisies conservatoires, sont particulièrement chronophages. Malheureusement, la direction ne semble pas considérer ces saisies-ventes comme une priorité, réduisant les effectifs au fil des ans, avec trois départs non remplacés récemment, ce qui complique encore plus les absences dues à des arrêts maladie ou à des congés.
La sécurité des huissiers est également mise en danger lors de leurs déplacements, que ce soit en voiture ou en transports en commun, sans que cela n’inquiète la direction. Certains ont même cessé de réclamer leurs frais de déplacement en raison de tracasseries administratives, rendant leur situation encore plus précaire. Un collègue a d’ailleurs déposé une fiche de signalement à ce sujet, dénonçant un mépris pour leur sécurité.
Il est également à noter la pression exercée par certains comptables publics, comme lorsqu’un comptable a demandé à un huissier de bousculer des contribuables. L’huissier a répondu avec humour, affirmant qu’il n’était pas Chuck Norris et qu’il n’utiliserait pas la violence. Cela illustre néanmoins l’atmosphère tendue dans laquelle ils travaillent.
Il est impératif de reconnaître que les huissiers des finances publiques sont souvent laissés pour compte par une direction peu soucieuse de leur sécurité et de leur bien-être. Un changement urgent est nécessaire pour garantir leur protection et valoriser leur travail.
Article publié le 12 novembre 2024.