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Editorial MOUTON NOIR n°29

Dans un contexte politique marqué par l’instabilité, l’autoritarisme croissant et la poursuite de politiques antisociales, la récente opération militaire américaine contre le Venezuela, qui s’est soldée par l’arrestation de son président, et le désir d’annexion du Groenland, a relancé les tensions géopolitiques et suscite l’inquiétude quant au respect du droit international et à la souveraineté des peuples.

En écho à ces turbulences internationales, les gouvernements et notamment la France, font passer les logiques financières et militaires avant les besoins des peuples. Pendant que des milliards sont mobilisés pour alimenter les conflits et les rapports de force internationaux, les exigences sociales et démocratiques sont reléguées au second plan.

Notre pays traverse une crise politique profonde, après le déni démocratique, la destruction de nos hôpitaux déjà à l’os par la loi de sécurité sociale, la loi de finances 2026 est au point mort. Après des semaines de débats houleux à l’Assemblée nationale, la partie « recettes » du budget a été rejetée massivement par les députés en première lecture, révélant l’absence de consensus sur les orientations fiscales et les priorités budgétaires.

Incapable de dégager une majorité, le gouvernement persiste dans une logique de passage en force et se fourvoie en activant l’article 49 alinéas 3 de la constitution, au mépris du débat démocratique et de la démocratie sociale. Derrière les discours sur la responsabilité budgétaire, ce budget prépare de nouvelles attaques contre les services publics et celles et ceux qui les font fonctionner.

Les conséquences sont lourdes et bien connues : suppressions d’emplois, restructurations permanentes, dégradation des conditions de travail, gel du point d’indice, pression accrue sur les agents et éloignement du service public pour les usagers etc.… Faire toujours plus avec moins.

Cette loi de finances ne répond ni aux besoins de la population ni à ceux des fonctionnaires. Elle maintient une fiscalité profondément injuste, épargne les plus riches et les grandes entreprises, et impose l’austérité au plus grand nombre. Ce sont les agents de la fonction publique qui se retrouvent en première ligne pour appliquer des choix politiques qu’ils et elles subissent autant que les usagers.

Dans ce contexte de tensions sociales et démocratiques, la mobilisation reste indispensable. C’est par l’action collective et le rapport de force que nous pourrons imposer un budget et une politique qui servent réellement la population et redonner du sens à nos missions.

Face à cette situation, la CGT Finances publiques 93 réaffirme que d’autres choix sont possibles. Nous revendiquons des moyens humains et budgétaires à la hauteur des missions, l’arrêt des suppressions d’emplois, le dégel du point d’indice, le retour de la GIPA et une loi de finances au service de la justice sociale. Défendre la DGFiP et la fonction publique, c’est défendre l’intérêt général.

Article publié le 18 février 2026.


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