vous êtes ici : accueil > La presse > Le Mouton Noir - le journal de la section

Vos outils
  • Diminuer la taille du texte
  • Agmenter la taille du texte
  • Envoyer le lien à un ami
  • Imprimer le texte

Souffrance au travail, jusqu’à quand ?

Leurs statistiques, nos suicidés

En 2025, il y a eu 550 postes supprimés à l’échelon national pour 22 suicides à la DGFIP.

En 2025, il y a eu la généralisation des statistiques comme seul évaluateur de notre travail, la transformation de nos missions locales de services publiques et l’enterrement de la considération donnée à notre travail.

En 2026, il y a l’entrée en vigueur du Major FIP, les fusions de SIE et des SGC, des déménagements de service et l’entrée en vigueur du SIP de demain.

Ces transformations ne suffisent pas à expliquer l’explosion de comportements dépressifs et de détresses psychologiques chez les agents de la DGFIP. Chaque suicide, chaque drame, a ses spécificités.

Toutefois nous sommes plus qu’inquiets !

Lors du Comite Départementale d’Actions Sociales de février 2026, nous avons appris que la seule psychologue du département pour l’ensemble des fonctionnaires des Finances en Seine Saint-Denis, n’avait plus de plage disponible avant… le mois d’avril.

En somme, les moyens mis en œuvre face à la déprime ? Attendez le printemps s’il vous plaît !

Réponse de la DDFIP 93 à notre alerte ? « Allez consultez en ligne un psycholoque sur notre plateforme Pro Consulte ». Qu’elle est la prochaine étape ? Un petit message à Chat GPT si on a un coup de blues ?

Il faut tripler le nombre de psychologue disponible et demeurer attentif et attentive à chacun•es d’entre nous. Rassurez vous, la Direction s’en fiche quand à elle !

Suicide à la DGFiP, la justice reconnaît l’imputabilité au travail.

En 2017, une collègue des Pyrénées-Orientales se suicide à son domicile. Pour sa famille, elle se suicide à cause du travail, pour l’Administration non. 9 ans plus tard la Cour d’Appel de Toulouse a confirmé le jugement du Tribunal de Montpellier. A savoir que son suicide était bel et bien imputable au service.

La situation de la collègue aurait nécessité une adaptation de poste.

Peu de mesures ont été prises. C’est notamment la surcharge de travail et le fait de se retrouver parfois seule sur son secteur qui l’ont poussé à un acte tragique.

On retient également dans le jugement que même si la Commission de Réforme (ancien nom pour le Conseil Médical) avait émis un avis défavorable à la reconnaissance de l’imputabilité au service du suicide, pour la Cour d’Appel ce suicide résulte « ...d’une dégradation de son état de santé [et] doit en l’espèce être considéré comme présentant un lien direct avec le service ».
Il replace également sur le devant de la scène le rôle essentiel de la médecine de prévention. En effet dans ce cas, la médecine du travail avait émis de recommandation pour éviter à la collègue une surcharge de travail et stress.

Pourtant ces recommandations « ...ne sauraient être regardées comme ayant été respectées par l’administration ».

En bref, ce que les syndicats dénoncent depuis des années a enfin été reconnu par la justice. Amélie Verdier a annoncé au journal Le Monde que la DGFIP n’irait pas en Cassation. Le jugement est donc définitif.

Espérons simplement qu’en voulant tourner la page de ce dossier, que la DGFIP ne la tourne pas un peu trop vite au point d’oublier les autres agents qui se sont suicidés ou ont tenté de le faire. Sans oublier tous ceux dont nous ne sommes pas au courant, par honte ou peur d’être broyé par la grosse machinerie de l’administration.

Rappelons que nous avons perdu 40 000 postes depuis 2008.

Nous, CGT Finances Publiques 93, nous ne cesserons jamais de dénoncer la casse des femmes et des hommes qui composent la DGFIP ainsi que de leurs outils de travail. Il en va de la vie de nos collègues.

Article publié le 22 avril 2026.


Politique de confidentialité. Site réalisé en interne et propulsé par SPIP.