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Suite à la circulation d’une lettre ouverte des vérificateurs du département, initiative soutenue par la CGT, FO et Solidaires et à laquelle plus de 40 collègues ont joint leur signature, une audience auprès de la Direction s’est finalement tenue le 14 janvier 2026 en présence de 8 collègues.
Réunis en délégation, les collègues ont demandé une réduction des objectifs en matière de dossiers à rendre annuellement, soit un retour de 15 à 13 dossiers pour l’objectif plein, de 8 (et même 9 depuis octobre 2025) à 4 dossiers pour les jeunes agents en première affectation (JAPA), et à 8 dossiers pour les vérificateurs en poste depuis 2 ans.
La délégation a pointé le fait que l’attribution des points d’impact supplémentaires est variable d’une brigade à l’autre, et même d’un collègue à l’autre, et que des règles écrites en la matière font défaut, laissant ainsi les vérificateurs dans le flou quant à la reconnaissance de leurs travaux.
Les vérificatrices et vérificateurs s’opposent au caractère obligatoire des modèles de la Division, qui transforment les propositions de rectification en textes à trous à remplir à partir des investigations menées sur place. Cette manière de procéder robotisant les agents dépossède également les chefs de services de leur rôle d’appui technique en faisant des relais de l’application à la lettre des modèles.
Le rôle des chefs de service tend, par conséquent, à se réduire au versant disciplinaire de la fonction. Cette tendance ouvre la voie à la généralisation de la microgestion. Autrement dit le flicage, non pas sur les travaux eux-mêmes puisqu’ils s’automatisent, mais sur la façon dont les agents les effectuent : mise en page, « reporting » en redondance avec les travaux effectués, gestion arbitraire des temps de travail... En somme, la confiance dans les agents n’a plus sa place.
« Il est normal que chaque collectif de travail soit mis sous tension » La Direction
La délégation a évoqué la souffrance des agents et leurs lourdes conséquences, leur détresse émotionnelle et les besoins d’accompagnement par les organisations syndicales accrus en fin d’année 2025.
Ont également été évoqués, en lien avec ce malaise général vécu par les agents, le rapport hiérarchique court-circuitant les chefs de services par des consignes imposées directement aux vérificateurs par la division, et les écrits blessants formulés par cette dernière.
Il avait été demandé, lors de la précédente audience du 12 septembre 2024, que cessent immédiatement les déconsidérations formulées dans les visas de propositions de rectification.
Force est de constater que cette attitude persiste un an et demi plus tard, suscitant les mêmes craintes et les mêmes angoisses chez les agents. « Il est normal que chaque collectif de travail soit mis sous tension ». À bon entendeur.
Car cette phrase a été prononcée telle quelle à l’adresse des collègues venus en délégation. Nous nous en doutions, mais la politique de la Direction est ici énoncée de manière explicite. Que les services soient sous tension, plus encore au fil des réductions d’effectifs, et que les agents soient eux mêmes sous tension n’est donc pas une anomalie, un dysfonctionnement dont il s’agirait de traiter les conséquences en aval. C’est le mode opératoire de la Direction. C’est la manière dont sont traités les agents. Et nous avons déjà pu en déplorer les terribles conséquences humaines ces derniers mois, à la DGFIP en général et dans le 93 en particulier.
Face à ce douloureux rappel, la Direction a d’abord repris l’élément de langage habituel du caractère multifactoriel de la souffrance des agents de la DGFIP. Comme si, en somme, les collègues s’étaient soudainement et simultanément mis à faire face à de profonds problèmes non professionnels, et disons personnels. Cet argument n’abusera personne, et la DGFIP devra sérieusement revoir sa manière de considérer ses agents.
Si la Direction départementale et, plus généralement, la DGFIP tient au contrôle fiscal (tant pour ses finalités budgétaires que répressives et dissuasives, et pour assurer l’égalité des citoyens devant l’impôt), un moyeefficace de s’en assurer réside dans le renforcement des effectifs.
Outre une augmentation du nombre de postes pour couvrir le tissu fiscal, cela implique que les agents puissent exercer leurs missions sans se retrouver au bord de l’épuisement professionnel. Et cela vaut pour le contrôle fiscal comme pour toutes les sphères de nos services.
Article publié le 18 février 2026.