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Suppression d’emploi 2026, on vous dit tout...

Le PLF 2026 prévoit 550 suppressions d’emplois temps plein (ETP) à la DGFiP en 2026, une « diminution », selon le vocabulaire officiel, à périmètre constant.

Le désormais traditionnel « jeu de bonneteau » des ETP entrants et sortants de la DGFiP permet à l’administration d’afficher une « facture finale » de -433 ETP. C’est bien évidemment un grossier mensonge de communication quand on décrypte précisément ces chiffres.

En effet, 167 ETP arrivent à la DGFiP dans le cadre du transfert de missions des Centres de gestion financière (CGF) des ministères de l’aménagement du territoire, de l’agriculture, de la justice et des ministères sociaux. Mais le nombre d’emplois nécessaire à la bonne réalisation des missions transférées est systématiquement sous estimé dès la décision de transfert.
De plus, dans un second temps, 49 emplois sur les 167 sont immédiatement rétrocédés aux ministères d’origine au titre des gains de productivités issus de la mise en place des CGF sur ces missions !
Enfin, quand les agents des ministères en question sont appelés à suivre leur mission et donc intégrer la DGFiP, cela ne les intéresse pas toujours, ne serait-ce que par crainte que cette mission ne leur soit au final pas attribuée et qu’ils doivent assurer des tâches nouvelles qu’ils ne maîtrisent pas.
Un emploi de gardien concierge est rétrocédé pour la cité administrative de Dijon.

En conséquence, ces 117 (167-50) « renforts » de la DGFIP arrivent avec des missions pour lesquels ils sont dès le début en sous-effectif, par omission volontaire et au nom de la « productivité »…

À périmètre constant c’est bien 550 emplois détruits à la DGFiP en 2026.

Mais ce n’est pas fini, car la DG a identifié des « missions prioritaires » qui vont être renforcées. La notion de renforcement ne doit pas être bien enseignée à l’INSP (exENA), car quand une mission est prioritaire, on devrait créer des emplois plutôt que simplement les transférer depuis d’autres services de la DGFiP victimes chaque année de suppressions d’emplois !

Au cas particulier, 140 emplois viendront « renforcer » la lutte contre la fraude et les amendes, 70 emplois en informatique, 20 emplois en RH (en partie pour gérer la PSC ?!).
Cerise sur le gâteau, la DG crée 5 centres de contact (4 pro et 1 amendes) avec 234 ETP (qui viendront achever de dépouiller les directions départementales et régionales en emplois).

Ainsi, c’est 464 ETP supplémentaires qui sont redéployés hors des services de gestion départementaux, qui perdront ainsi près de 1 000 emplois au total !
On comprend mieux l’urgence de la DG à casser le TAGERFIP et à refuser de communiquer sur les variations par départements, au nom de la nouvelle réforme de comptabilisation des emplois. Quand les résultats sont insoutenables, il est plus facile de détruire l’outil de mesure !

Dernier mensonge à dénoncer, la fiche « emplois » du CSAR indique que tous les services de la DGFiP contribuent aux suppressions d’emplois. En effet, depuis de nombreuses années, la CGT Finances publiques dénonce la saignée des emplois, toujours supportée par les directions départementales et régionales et épargnant Bercy et les directions nationales et spécialisées (DNS).
La DG fait donc semblant d’associer ces précieux emplois privilégiés aux « efforts » de suppressions d’emplois. Ce n’est qu’une illusion, car 16 emplois à Bercy et 56 en DNS sont affichés dans les suppressions, mais les missions de ces directions sont renforcées à hauteur de 12 et 34 redéploiements. C’était déjà le cas en 2024, on voit bien qu’il est plus difficile de réduire les emplois au plus près de la DG…

Les services locaux vont perdre plus de 1 000 emplois en 2026, Bercy seulement 4… Alors qu’il faudrait en recréer partout !

Pour la CGT Finances publiques, l’ensemble des missions de la DGFiP méritent les emplois nécessaires à la bonne réalisation et à l’amélioration des leurs missions. Habiller les uns en déshabillant les autres est une politique irresponsable mettant les missions et les agents en concurrence, au détriment de la cohérence globale de notre service public et des conditions de travail de la plus grande parties des agents.

Un nouveau pilotage des emplois depuis le 1er janvier

Et oui ! La DG veut invisibiliser des postes vacants et continuer à supprimer des emplois. Elle n’aime pas quand apparaît son vrai visage. C’est notamment le cas avec le nombre annuel de postes vacants (postes budgétisés mais non pourvus) et le niveau massif des suppressions d’emplois.

Pour rappel, en septembre 2024, le nombre de postes vacants était d’environ 4 000. Sur l’année civile 2024, avec les départs (principalement les départs à la retraite), les arrivées (surtout suite à concours et embauches de non-titulaires) et les mobilités internes, l’estimation des postes vacants est de plus de 2 000. Rappelons qu’entre 2008 (création de la DGFiP) et le 31/12/2022, nous avons perdu 34 420 effectifs payés de titulaires.

Le tableau de gestion des emplois de référence des finances publiques (TAGERFiP), même s’il n’était pas parfait, permettait d’avoir une vision sur les effectifs disponibles par grades et directions, les vacances de postes ou surnombres et d’anticiper les départs et les recrutements.

Les postes vacants ne seront plus visibles.

Plutôt que de combler les vacances de postes en se donnant les moyens d’augmenter les recrutements de fonctionnaires, la DGFiP fait le choix d’invisibiliser des postes vacants et de poursuivre les suppressions d’emplois. Voici sa recette magique :

  • 1 Ne pas communiquer aux organisations syndicales le rapport de l’IGF qui aurait motivé cette « réforme ».
  • 2 Ne pas fournir une pyramide des âges pour toutes les catégories pour une visibilité des besoins sur une période donnée et pouvoir anticiper les recrutements.
  • 3 Changer le référentiel des emplois en passant, pour chaque direction, d’emplois pleins (ou « chaises ») à équivalents temps plein (ETP). Ainsi le TAGERFIP permettait d’avoir les autorisations d’emplois, par catégories et directions (les services pour les TAGERFIP locaux), la situation après mouvement avec les gels de postes, les effectifs présents (« réels »), et le solde. Puis les effectifs (« réels ») pondérés par les temps partiels et enfin le solde pondéré des temps partiels faisant apparaître les vacances d’emplois.
    Exemple avec le TAGERFIP national des A au 1er mars 2025 : 21 550 autorisations, 2 gels, 21 211 effectifs présents, solde de -329, puis 20 703 effectifs une fois pondérés des temps partiels, soit un déficit total de – 845 (les vacances d’emplois). Avec le nouveau système, la référence devient les emplois pondérés des temps partiels (les ETP). Nous n’aurons plus la référence des autorisations d’emplois qui permettaient de faire apparaître les postes vacants.
  • 4 Répartir les ETP entre les directions en modifiant l’évaluation de leurs besoins en supprimant toute référence aux effectifs physiques et en changeant, en toute opacité, les indicateurs des directions en matière de charges, enjeux financiers et socio-économiques. Ces nouveaux indicateurs définiront la cible en emplois pour chaque direction.
    Cette cible, comparée aux emplois présents dans la direction, définira soit des surnombres, soit des postes vacants. En cas de vacances d’emplois, la direction pourra bénéficier de ressources à concurrence de la moyenne nationale. En cas de surnombre, elle perdra progressivement (par les départs naturels d’agents de la direction) des emplois, sauf si le taux de surnombres national est supérieur au taux de surnombres de la direction.
    Cette méthode ne sera pas appliquée aux services centraux, directions nationales et spécialisées. Les conséquences de la méthode ne s’appliqueront pas à certains emplois tels que les emplois fonctionnels, les postes comptables, géomètres, huissiers, auditeurs, conseillers aux décideurs locaux, emplois A+, emplois supra-départementaux et emplois dédiés à la lutte contre la fraude fiscale. Tout porte donc à croire que ces nouveaux indicateurs pèseront avant tout sur les services de gestion.
  • 5 Choisir une période de référence minimisant les emplois vacants en se fixant sur une date précise et non plus sur l’année. Quelle date ? En janvier, où le niveau des postes vacants est au plus bas (et le niveau d’emplois au plus haut).
  • 6 Expertiser la situation des effectifs de chaque service par catégorie. Les directeurs seront libres de faire des ajustements entre « familles » de services (enveloppes fongibles). Rien n’est précisé pour définir les « familles de services ». Passé un certain délai (non précisé), les directions pourront résorber les « surnombres » restant en plaçant les agents concernés en ALD et en les « invitant » à participer au mouvement de mutation (sans prime de restructuration)...

Article publié le 18 février 2026.


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