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Liminaire du CSAL du 05/05/2026

Monsieur le Président,

Au lendemain du 1er mai, la CGT FIP 93 tient à rappeler que les revendications portées aujourd’hui dans cette instance ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans un contexte international et national profondément marqué par les crises sociales, économiques et démocratiques.

Partout dans le monde, les peuples subissent les conséquences des guerres, des politiques, d’austérité, de l’inflation et de la remise en cause des droits sociaux.

Les conflits se multiplient, les tensions internationales s’aggravent, avec pour corollaire une précarisation des travailleurs de ce pays, qui en subissent les conséquences de plein fouet (hausse du carburant, du panier ménager).

Aujourd’hui, l’économie est tournée vers la guerre et les profiteurs de guerre (multinationales et milliardaires). Pendant que certains s’enrichissent, les plus précaires s’appauvrissent encore. L’austérité devient un prétexte pour démanteler les services publics.

Suppressions de postes, gel du point d’indice et restructurations permanentes sont le quotidien de nos administrations. Et ceux qui paient réellement la facture, ce sont les agents et les populations précarisées.

Et la DGFiP n’échappe pas à cette logique.
Pression statistique accrue, perte de sens des missions et souffrance au travail devenue structurelle. Même les contribuables sont déshumanisés, devenus de simples lignes dans un traitement de masse.

La DGFiP ne semble plus vouloir assurer un véritable service public ; son objectif paraît être de remplacer les agents par des automates, appelés fièrement « IA ». Dans le même temps, l’égalité de traitement fiscal n’est même plus garantie. Des inégalités se creusent, que ce soit dans le recouvrement ou dans l’accès aux droits.

Et pendant que les conditions de travail se dégradent, le drame humain s’installe.
En 2026, déjà 2 suicides et 12 tentatives à la DGFiP : combien de vies faudra-t-il encore pour que Bercy prenne la mesure de la situation ?

Au lieu de cela, la DG enfonce les agents : récupération forcée d’indus sur des collègues déjà en difficulté, économies réalisées sur leur dos avec la réforme des FDD.
C’est inacceptable !

Bercy méprise et maltraite ses agents. Aucune reconnaissance ; pire encore, les réformes à venir promettent désorganisation, casse du service public et dégradation des conditions de travail.
Dans le 93, la situation des services publics de l’État est particulièrement alarmante : les suppressions de postes d’enseignants ont pour conséquence directe la fermeture de classes.

À la DDFiP 93, les services sont exsangues. Les postes vacants se multiplient. Les accueils ferment faute d’effectifs.

Et pourtant, la direction choisit d’aller encore plus loin : suppression de 80 postes vacants , en plus des 48 suppressions prévues par Bercy pour 2026.

Est-ce là votre réponse au mal-être dans les services ? Allez-vous continuer ainsi, allant au-delà même des attentes de Bercy ?

Vos décisions locales aggravent encore la situation : refus de télétravail pour les agents impactés par la hausse du carburant, maintien de réformes rejetées, absence de prise en compte des réalités du terrain. Vous ne vous souciez ni de la sécurité des agents ni de leurs difficultés quotidiennes.

Les agents se sont mobilisés les 31 mars et 29 avril 2026. Leur message est clair :
• ils veulent des effectifs,
• ils dénoncent la pression des chiffres,
• ils exigent d’être écoutés,
• ils demandent des moyens pour vivre dignement et pour travailler correctement.

Aujourd’hui, nombre d’entre eux n’y arrivent plus. On doit quémander pour obtenir le moindre droit.

Vos réponses ne sont pas à la hauteur ; pire, elles aggravent les problèmes et le mal-être des agents. Assumez vos incohérences !

La CGT FIP 93 n’est pas dupe : la direction fera toujours passer les agents après la réalité budgétaire de Bercy.

Mais nous le rappelons : rien n’a jamais été obtenu sans mobilisation. Les droits sociaux, les garanties statutaires, les conquêtes collectives ont toujours été arrachées par la lutte.

C’est dans cet esprit que la CGT FIP 93 continue de porter la voix des agentes et des agents, de défendre leurs droits, leurs conditions de travail et l’exigence d’un véritable service public de proximité, humain et accessible à toutes et à tous.

Parce que la dignité au travail n’est pas négociable.
Parce que la justice sociale et fiscale n’est pas négociable.
Parce que le service public n’est pas une variable d’ajustement.

Pour la CGT FIP 93, nos revendications sont claires :

• le dégel immédiat du point d’indice et l’octroi d’une prime exceptionnelle de 2 500 €, bien en deçà des pertes réelles de pouvoir d’achat ;
• l’arrêt des suppressions d’emplois ;
• le pourvoi de tous les emplois dans les services ;
• l’abandon des mesures dégradant les conditions de travail, notamment sur les frais de déplacement et le « SIP de demain » ;
• la transformation de la prime de fidélisation en véritable prime exceptionnelle de droit ;
• un renforcement massif de l’accompagnement psychologique et médical des agents.

Article publié le 5 mai 2026.


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