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Liminaire du CSAL du 19 novembre 2025

Monsieur le Président,

Vous nous avez convoqués pour nous présenter la « nouvelle » méthode imaginée par Bercy afin de justifier, une fois encore, la suppression d’emplois à la DGFIP.

Pour l’année 2026, ce sont 550 postes supplémentaires qui disparaîtront.

Justifier ces suppressions par les gains de productivité issus de la « modernisation des systèmes d’information », comme indiqué dans le document remis aux parlementaires, relève du mensonge. Aucune étude sérieuse, aucun bilan objectif n’a jamais été produit sur ces prétendus gains, alors que ce même argument est avancé depuis plus de vingt-cinq ans. Et pourtant, c’est à la CGT qu’on reproche de radoter…

La DG « innove » désormais en s’appuyant sur des indicateurs de charge définis par des « experts métiers ». Ces indicateurs, élaborés sans transparence, serviront de base à la redistribution — ou plutôt à la suppression — d’emplois pour les années à venir.

Le projet dit de « rénovation des emplois » à la DGFIP, qui touchera l’ensemble des directions régionales et départementales, prend appui sur un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) de 2023… dont la communication a été refusée aux organisations syndicales.

Pourquoi un tel refus, si ce projet était réellement justifiable ?

La DG entend remplacer le dispositif TAGERFIP par une comptabilisation des ETP à un instant de référence. D’un coup de baguette magique, les milliers de postes vacants disparaissent des radars. Et non, il ne s’agit pas de recruter davantage ou d’attirer plus : ce nouveau mode de calcul permettra au contraire d’identifier des « surnombres » pour étaler et amplifier les suppressions d’emploi.

La CGT 93 dénonce depuis des années la vacance de postes, source de souffrance, d’épuisement et de perte de sens pour les agents. Cette situation alimente ce que nous appelons le « syndrome France Télécom ».

Dans le 93, nous en constatons les effets chaque jour :

* des services en sous-effectif chronique ;
* des agents à bout de souffle ;
* une charge de travail qui explose ;
* une perte de sens du métier faute de moyens et de reconnaissance.

Pendant que l’État affirme vouloir « redresser les finances publiques », il fait porter l’effort principalement sur les agents, et non sur les grandes fortunes ou les multinationales.

Notre pouvoir d’achat continue de s’effriter, le point d’indice reste gelé, les salaires décrochent face à l’inflation.

C’est inacceptable !

La CGT 93 rappelle que sans les agents de la DGFIP, il n’y a ni justice fiscale, ni service public, ni cohésion territoriale.

Dans un département déjà sous forte tension sociale, cette politique budgétaire est irresponsable. Le gouvernement proclame la nécessité de lutter contre la fraude fiscale — Conseil des ministres du 14/10/2025 — mais, « en même temps », la DG supprime les PCE (Pôles de contrôle et d’expertise) ainsi que des emplois dans l’ensemble de la chaîne du contrôle fiscal. Bipolarité, quand tu nous tiens…

La Cour des comptes estimait en novembre 2023 que le manque à gagner en recettes fiscales se situe entre 30 et 100 milliards d’euros. En supprimant des postes, l’État espérerait-il que l’argent rentre tout seul ?

Si frauder les finances publiques, c’est nuire à la société, comme le déclare le gouvernement, alors il est indispensable de donner à la DGFIP les moyens d’assurer un contrôle fiscal réellement effectif. Toutes nos missions y participent ; il faut donc **créer des emplois**, et non en supprimer, pour répondre aux attentes de justice fiscale exprimées par les citoyens.

En cette fin d’année, l’obsession des indicateurs vide nos missions de leur sens : on ne fait plus du recouvrement, on fait de la production de chiffres. La mise en concurrence des services à coups de tableaux mensuels est toxique.

Vous êtes directement responsables de la dégradation de nos conditions de travail. Lorsque, lors de vos visites, les agents vous alertent sur leur mal-être et leur perte de sens, vos réponses — « nous ne sommes pas chez McDo », « on n’est quand même pas à France Télécom » — sont non seulement déplacées, mais déconnectées de la réalité.

Pour mémoire, lors du procès France Télécom en 2019, 19 suicides et 12 tentatives avaient été versés au dossier.

À la DGFIP, 18 agents se sont suicidés et 18 tentatives de suicides sont constatés en 2025. Il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir.

La CGT exige :

* l’arrêt du management par indicateurs chiffrés, déshumanisant et toxique ;
* des recrutements à la hauteur des besoins réels de nos missions ;
* un véritable plan de lutte contre la fraude fiscale, fondé sur des services locaux renforcés ;
* le dégel du point d’indice et le rétablissement de la GIPA. Le retour d’une rémunération à 100 % en cas d’arrêt maladie.

De plus, la CGT demande un véritable suivi personnalisé pour les collègues concernés par les futures suppressions ou transferts d’emplois. L’exemple récent de la réorganisation de Berlioz, où les agents du PCE, du SGC et des brigades ont été isolés et mis devant le fait accompli sous couvert d’un simple « déménagement », ne doit plus se reproduire.

Nous ne sommes pas là pour co-gérer les suppressions d’emploi.

Nous les avons toujours dénoncées et combattues, et nous continuerons à le faire.

Article publié le 20 novembre 2025.


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